L'explication de la semaine

Publié le 22 Septembre 2015

Le 17 mai 1050 s'éteint à Santa Croce d'Avellano un moine du nom de Guido (Guy), à l'âge d'environ 60 ans. Ce moine bénédictin s'était fait connaître à la cathédrale d'Arezzo, entre Sienne et Florence, comme professeur de musique.

Remarquable pédagogue, Guido d'Arezzo est à l'origine du système de notation musicale encore en vigueur. Ce système a révolutionné l'apprentissage de la musique car il a dispensé les artistes d'apprendre par coeur, à l'oreille, les morceaux de musique et de chant. Il a facilité la transcription des notes et leur lecture.

Les premières notations musicales à base de portées et de notes sont apparues au VIIIe siècle à Metz et à Saint-Gall (aujourd'hui en Suisse) à l'initiative des chanoines en charge du chant liturgique (ainsi appelle-t-on le chant qui accompagne les cérémonies religieuses).

Les musiciens ont d'abord utilisé des signes musicaux ou neumes en «campo aperto» sans ligne. Ensuite, pour aider les copistes à conserver les proportions verticales, on a introduit une, puis deux puis trois lignes.

Guido d'Arezzo a ajouté une quatrième ligne à la portée et, ce faisant, il a introduit un moyen mnémotechnique, la «main guidonienne», pour représenter les notes : dans ce système d'écriture, en effet, tous les degrés de l'échelle musicale peuvent être assimilables aux jointures et aux phalanges des cinq doigts de la main gauche ouverte.

Guido d'Arezzo a aussi ajouté au début de chaque ligne une lettre clef qui indique la valeur d'intonation de la série considérée et qu'il a appelé gamma, d'où le nom de «gamme» aujourd'hui donné à son système de notation musicale.

Les notes étaient auparavant désignées par les premières lettres de l'alphabet. Pour désigner les notes qui prennent place sur les quatre lignes de sa portée, Guido d'Arezzo s'est servi des premières syllabes d'un hymne à Saint-Jean-Baptiste :

«UT queant laxis

«REsonare fibris,

«MIra gestorum,

«FAmili tuorum,

«SOLve polluti,

«LAbii reatum,

«Sancte Iohannes...

Traduction…

Pour que puissent résonner sur la bouche large ouverte de ton serviteur les merveilles de tes actions, efface le péché de ma lèvre impure, Saint-Jean.

Notation du ancienne du chant

L'explication de la semaine

Notation moderne du chant

L'explication de la semaine

Les écoliers italiens du temps de Guido connaissaient bien cet hymne, en effet, et le chantaient avec une mélodie qui montait de degré en degré. C'était pratique pour apprendre les hauteurs relatives de chaque degré de la gamme. Le si fut ajouté par Anselme de Flandres à la fin du XVIe siècle et le ut, jugé trop dur à l'oreille, transformé en do par Bononcini en 1673.

La portée de Guido, étendue à cinq lignes, s'est généralisée très vite à l'ensemble du monde musical mais, à la différence des Latins, les Anglais et les Allemands sont restés fidèles aux lettres de l'alphabet pour désigner les notes. En anglais, do ré mi fa sol la si devient : C D E F G A B.

Une main Guidonienne

L'explication de la semaine

En video

Rédigé par Piano

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article